Raiati
No : 20
Le :18.05.2008
Dimanche du
paralytique
Nous savons que St Luc après avoir écrit ce que Jésus Christ a fait et dit, dans
le troisième évangile, décide d’écrire l’histoire des débuts de l’Eglise dans
les Actes des Apôtres parce qu’il y a vu une continuation de Jésus Christ par
l’Esprit Saint. Dans une partie de ce livre il s’attarde sur les miracles qui
ont été faits par les Apôtres, et qui sont une continuation des miracles du
Seigneur, comme si St Luc disait que le Seigneur et ses Apôtres c’est un même
esprit. Il nous parle aujourd’hui d’un paralytique nommé Enée. Pierre ne lui dit
pas : « moi je te guéris », mais : « Jésus te guérit ». Ceci avait lieu à
Lydda.
Après ceci il poursuivit son chemin en direction de Yafa qui n’est pas loin de
Lydda. Il apprit qu’une jeune fille nommée Tabitha, qui signifie gazelle, était
morte. Quand la foule le guida vers sa maison il lui dit : « Tabitha
lèves-toi ». Il dit cela après s’être agenouillé et prié. Beaucoup ont cru en le
Seigneur suite à ceci.
L’Eglise a placé cette lecture avant la lecture de l’Evangile racontant la
guérison du paralytique par le Seigneur. Ceci a eu lieu près d’un bassin nommé
« Bethesda » en hébreu. Ce bassin était couvert de terre dans les siècles
passés. Des fouilles ont eu lieu par les archéologues au 20ième siècle et je
l’ai vu en 1947 lors de ma première visite à Jérusalem, visite devenue
impossible suite à l’occupation juive de Jérusalem.
Le
malade guérissait s’il avait la possibilité de descendre dans l’eau après qu’un
ange l’eut remuée.
Le
paralytique que Jésus a guéri n’avait personne pour le jeter dans le bassin.
Jésus lui dit alors : « Porte ton lit et marche ». Ceci signifie que Jésus
n’avait pas besoin de l’action d’un ange pour basculer cet homme dans le bassin.
Jean
l’Evangeliste nous explique que Jésus est en rapport direct avec les gens et qu’
il n’y a aucun intermédiaire entre nous et Jésus. Il est Le Seul intermédiaire
entre le Père et nous. Les saints sont nos frères et nos amis, nous prions Dieu
tous ensemble. Ils ne sont pas à l’image d’une échelle sur laquelle nous
grimpons pour atteindre Dieu notre Père. Tous, les uns avec les autres, nous
atteindrons Dieu. Leur force vient du fait qu’il se sont libérés du péché et
qu’ils parlent avec le Seigneur comme des amis.
Le
prêtre est pour nous un père spirituel qui nous aide à nous élever vers Dieu,
mais il n’est pas un pont entre Dieu et nous. Nous sommes en union directe avec
Jésus. Tout saint est en union directe avec Jésus et nous sommes tous des
cercles dont Jésus est le centre. Nous sommes tous une nation sainte. Et cette
nation entoure le Christ et elle est unie par lui. Tout le monde prie pour tout
le monde et nous nous élevons tous vers la présence de Dieu.
Le
fait que le saint te porte, tu lui parles, et il ne prend ta place quand tu
parles avec le Seigneur, et quand il parle avec le Seigneur il te mentionne
parce qu’il te connaît comme un de cette nation sainte, il tient à ce que tu
t’éloignes du péché et que à la fin de tes jours tu seras réuni aux saint Pères
et aux anges et que tu ne resteras pas paralytique dans le sens spirituel du
terme. Les saints te veulent sain, ton père spirituel aussi, mais ceci ne veut
dire nullement qu’il porte à ta place un effort qu’il te revient à toi de
porter.
L’essentiel en ce dimanche du paralytique est que tu te sentes spirituellement
paralysé c'est-à-dire imparfait dans ta stature spirituelle et que tu saches que
de grand efforts t’attendent pour ne pas glisser vers la paresse en t’appuyant
sur les autres pour t’aider. La Grâce seule est ton aide. Bas-toi toujours afin
que le ciel ne te délaisse et que tu ne te noies pas dans la mer du monde et
pour que tu ne renvoies pas la responsabilité sur Dieu et ses saints. Tu es
responsable de ton salut et comme le paralytique guérit parfois de manière
entière et totale il t’est donné de guérir par la miséricorde de Dieu.
Georges,
Evêque de
Byblos et de Botrys
(Mont Liban).